Histoire des Chevaliers d'Escalon

Publié le par David Bry

Après la présentation des principaux personnages d'Ervalon, voici aujourd'hui l'histoire des Chevaliers d'Escalon, de la création de leur ordre jusqu'à leur disparition, lors de la bataille de Fahaut. Bonne lecture :)

 

De la fondation de l’Ordre

L’histoire de l’Ordre des Chevaliers d’Escalon est aussi ancienne qu’Avelden. L’Ordre aurait été créé il y a des siècles de cela, lors de l’extension d’Ervalon à l’Est et la création du Duché d’Avelden.

 

 Lors de la guerre du roi Ildebert contre le chef barbare Brabant, et suite à la défaite de ce dernier, Ildebert annexa à son royaume toutes les terres situées entre le village d’Athinrye et la frontière avec le royaume d’Erdeghan. Seules restèrent en dehors de son contrôle les terres de Halott, situées au Sud-Est des Marais de Gonte. Le Roi fit des terres nouvellement acquises le cinquième et dernier duché d’Ervalon, et le confia à son maréchal, Lahan d’Avelden. Le seigneur d’Avelden devint Duc en remerciement de son engagement de toujours aux côtés de son roi, et le nouveau duché prit alors tout naturellement le nom de famille du jeune seigneur Lahan.

 

Le duc Lahan, échaudé par les querelles entre les différents seigneurs du royaume, refusa de prendre avec lui un quelconque noble dont il aurait été suzerain. En tout militaire qu’il était, il nomma donc uniquement cinq bourgmestres qu’il envoya dans les villages d’Agriler, de Péost, Pélost, Méoden et Urfang, et se chargea de la construction de sa forteresse, au coeur de ses terres – Aveld venait de naître. Enfin, afin de sécuriser les frontières Est de son duché, Lahan créa un ordre de chevaliers, qu’il confia à son plus jeune fils, Ergil d’Avelden. Il lui donna la suzeraineté de la région qui s’étendait de la Baie d’Escalon à la Passe du Dragon. Cet ordre, qui s’installa initialement dans le petit village d’Escalon, prit tout naturellement le nom de Chevaliers d’Escalon. Ainsi étaient nés les premiers Chevaliers.

 

De l’influence des Chevaliers d’Escalon

Rapidement, les Chevaliers d’Escalon se firent une réputation à l’Est d’Avelden. Le hasard, ou la volonté des dieux, fit que leurs différents capitaines furent tous de fervents disciples d’Odric. Sous leur influence, l’ordre suivait un code de morale très strict. Les revenus qu’ils percevaient sur leurs terres étaient en partie redistribués aux nécessiteux, et une fraction des chevaliers allait, tout au long de l’année, de village en village, de hameau en hameau, apporter de l’aide à qui en avait besoin, conseillait les bourgmestres, ou, en toute impartialité, aidait à résoudre les conflits. De ces voyages dans les villages, les chevaliers revenaient souvent accompagnés de nouveaux écuyers, désireux de suivre leur exemple.

 

Parallèlement à cela, les chevaliers entretenaient d’excellentes relations avec leurs voisins d’Erdeghan. Rapprochés par leur foi envers le même dieu, les Chevaliers et les Erdhiens patrouillaient régulièrement ensemble, repoussant les barbares qui osaient encore s’aventurer dans leurs montagnes.

 

Les relations privilégiées entretenues par les Chevaliers d’Escalon envers leurs amis d’Erdeghan arrivèrent aux oreilles du roi Délémon II. Celui-ci, inquiet de dissensions régulières avec le Conseil des Sept Royaumes, se rendit alors en personne en Avelden rencontrer son duc vassal, ainsi que le capitaine Hildangar de Mérelle, dirigeant des Chevaliers d’Escalon. Le roi ordonna alors que les chevaliers changent d’allégeance, et, en signe d’amitié éternelle entre les deux royaumes voisins, deviennent les vassaux communs des rois d’Ervalon et d’Erdeghan. Malgré l’opposition du jeune duc Irgan Harken, l’ordre changea donc de suzerain, et les chevaliers partirent à Harim porter leur allégeance ainsi qu’un message du roi. Le roi d’Erdeghan accepta l’alliance proposée par Délémon d’Ervalon, et, en remerciement de l’allégeance des chevaliers, leur fit don des terres de Norgall et de la tour de Cargen, qui furent ainsi intégrées au duché d’Avelden, en dédommagement du duc, et au royaume d’Ervalon.

 

Enfin, c’est à cette époque que furent forgés par les meilleurs artisans d’Erdeghan le Manteau et la Lame d’Escalon, qui furent offertes au capitaine des Chevaliers en signe de leur allégeance. L’arme et l’armure, ornées du dragon d’Escalon, devinrent à partir de ce jour les atours de chacun des capitaines de l’Ordre.

 

Les Terres des Chevaliers d’Escalon

Au sommet de leur puissance, les Chevaliers d’Ervalon étaient presque aussi craints que les ducs d’Avelden ou d’Ombrejoie. Leurs terres s’étendaient, comme à l’origine, de la baie d’Escalon jusqu’au sud d’Ombrejoie, à la Passe du Dragon. Mais leurs villages étaient prospères, les champs fertiles, et les bêtes saines et reproductives.

 

Afin de défendre leurs terres, de nombreuses fortifications avaient été érigées au fil des décennies. Aux tours initiales d’Escalon puis de Cargen avaient été rajoutées les forts d’Allen et de Prégonne, ainsi que les forteresses d’Arbinaut et de Montnoir. Enfin, les Chevaliers avaient un dernier avant-poste, celui dont ils tiraient le plus de fierté : ils avaient en charge la protection de Haut-Col, le sanctuaire même d’Odric.

 

La fin des Chevaliers d’Escalon

Toute histoire a une fin. Celle des Chevaliers d’Escalon se termina lors de la Bataille de Fahaut. Les chevaliers avaient déjà été décimés par la longue Guerre des Tribus et par la Guerre du Conseil, qu’ils avaient menées aux côtés du roi Téhélis. Des sept ou huit cents qu’ils étaient à leur apogée, ils ne comptaient plus qu’une quarantaine de soldats, épuisés et hagards. Lors de cette terrible bataille, qui devait décider du sort de tout le Ponant, les derniers d’entre eux, menés par Anarond de Norgall, se retrouvèrent sur la plaine de Fahaut aux côtés de leur roi, alors que leur monde touchait au crépuscule. Face à la marée des Tribus, ils se battirent comme jamais, fidèles à leur réputation. Leurs épées frappaient, tournoyaient, fendaient les casques et les armures ennemies. Dernier rempart entre le roi Téhélis et les soldats d’Aléan, de Tribuler et d’Aldenan, tous avançaient avec le souverain d’Ervalon en direction de la bannière du chef des Tribus. S’approchant de leur plus grand ennemi, les hommes tombaient, les uns après les autres, mais continuaient à avancer, fidèles à leur réputation et à leurs idéaux. Vaincre ou mourir. Et lorsque enfin Téhélis 1er donna le coup fatal au Gruhl Merkhol, le capitaine Anarond de Norgall, le dernier des Chevaliers, tomba lui aussi, sous les coups des renforts ennemis.

 

Longtemps après l’affrontement et le départ des Tribus, le corps du dernier capitaine d’Escalon fut emmené par le fils-même du roi de Ponée à la tour de Cargen, où reposaient tous ses prédécesseurs, en signe du respect des survivants pour ceux qui avaient péri lors de cette bataille. On dit que la Lame d’Escalon fut perdue à jamais dans ce voyage. Le Manteau fut quant à lui déposé aux côtés de ses anciens propriétaires.

 

Avec la mort de leur dernier membre, les Chevaliers d’Escalon avaient disparu, à jamais. Leur légende, elle, venait de naître.

 

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